PrestaShop est un logiciel gratuit et open source : vous pouvez le télécharger, l’installer et l’utiliser sans payer de licence. La boutique, elle, demande davantage : un hébergement, un nom de domaine, des réglages, un catalogue et un entretien régulier. Seul, comptez 30 à 80 heures de travail selon la complexité du projet, d’après l’éditeur lui-même.
Notre avis : PrestaShop est un bon choix pour un catalogue appelé à grandir, si vous êtes prêt à vous former ou à vous faire accompagner. C’est un mauvais choix pour tester une idée avec une dizaine de produits.
Version 9.2
Deux offres officielles
30 à 80 heures en solo
Rétractation en ligne
PrestaShop en 2026 : ce que vous installez vraiment
La dernière version stable est PrestaShop 9.2.0, publiée le 30 septembre 2026. L’ancienne branche 8 reçoit encore des versions correctives, mais pour une boutique neuve, partez sur la 9 : c’est elle qui recevra les nouveautés.
Trois changements de la 9.2 concernent directement un nouveau marchand :
- La commande sur une seule page (One Page Checkout) : adresse, livraison et paiement tiennent sur une page. Vous pouvez revenir au tunnel classique en quatre étapes depuis le back office, l’interface d’administration de la boutique.
- Un assistant d’intelligence artificielle, Ask AI, dans le back office. Il se branche sur le fournisseur d’IA de votre choix, avec votre propre clé d’API (l’identifiant de votre compte chez ce fournisseur), et demande votre accord avant d’agir sur la boutique.
- Hummingbird 2.1.2, le thème par défaut. Le thème, c’est l’habillage de la boutique : mise en page, couleurs, polices.
Notre avis : l’assistant IA n’est pas une raison de choisir PrestaShop. Pour un premier projet, la commande sur une page compte davantage, parce qu’elle raccourcit le parcours de l’acheteur.
PrestaShop revendique 250 000 marchands. « Gratuit » veut dire ici : pas de licence à payer. Cela ne veut pas dire que la boutique ne coûte rien. L’hébergement, le nom de domaine, une partie des thèmes et des modules (certains vendus par abonnement), la maintenance et, le cas échéant, un prestataire restent à prévoir, sans compter votre temps.
Classic, Hosted ou prestataire : choisir son chemin avant de commencer
PrestaShop propose deux offres, présentées côte à côte sur sa page de comparaison officielle. Ce choix vient avant tout le reste, parce qu’il décide de qui installe, qui héberge et qui entretient la boutique.
Classic se télécharge gratuitement. Vous choisissez l’hébergeur, vous installez, vous faites les mises à jour. Le paquet comprend le thème Hummingbird, PrestaShop Checkout pour le paiement (construit avec PayPal), eShip pour la livraison, PrestaShop Marketing and Social, un assistant de mise à jour (Update Assistant) et l’accès à la Marketplace, la boutique officielle de modules et de thèmes, depuis le back office. PrestaShop destine cette offre aux agences, aux développeurs et aux entrepreneurs qui créent une boutique à partir de zéro.
Hosted est un abonnement mensuel. L’installation et l’hébergement sont inclus (chez Gandi), avec tout ce que contient Classic, plus le calcul automatique de la TVA selon le pays du client, la gestion du RGPD et des cookies par PrestaShop Legal Assistant, une visite guidée du back office et une assistance par e-mail ou par téléphone. Un essai gratuit de 14 jours est proposé. La cible annoncée : les entrepreneurs qui cherchent une solution tout-en-un.
Le prestataire, freelance ou agence, est le troisième chemin : il monte la boutique pour vous, sur l’une ou l’autre base. Les questions à lui poser sont listées plus loin.
Trois façons de créer une boutique PrestaShop
| Classic | Hosted | Prestataire | |
|---|---|---|---|
| Qui installe | Vous | PrestaShop | Le prestataire |
| Qui héberge | L'hébergeur que vous choisissez | Inclus, chez Gandi | Selon le contrat |
| Qui fait les mises à jour | Vous | PrestaShop | Selon le contrat de maintenance |
| Assistance | Non incluse dans l'offre | Par e-mail ou téléphone | Selon le contrat |
| Pour qui, selon PrestaShop | Agences, développeurs, entrepreneurs qui partent de zéro | Entrepreneurs qui veulent une solution tout-en-un | Non précisé |
| Notre avis | Vous avez du temps et l'envie d'apprendre | Vous voulez vendre vite sans gérer de serveur | Vous avez un budget de création et peu de temps |
Si vous hésitez, l’essai de 14 jours de Hosted permet de voir à quoi ressemble l’administration d’une boutique avant de décider quoi que ce soit.
Les étapes de création, dans l’ordre
Voici le parcours d’une boutique Classic. Avec Hosted, les deux premières étapes sont faites pour vous. Pour chacune, nous indiquons l’erreur que l’on voit le plus souvent.
Choisir le nom de domaine et l'hébergement
Le nom de domaine est l’adresse de la boutique, l’hébergement le serveur qui la fait tourner. PrestaShop 9 demande PHP 8.1 à 8.5, la 8.5 étant recommandée (PHP est le langage dans lequel le logiciel est écrit), une base MySQL 5.7 ou plus récente, ou MariaDB 10.2 ou plus récente, et une mémoire allouée (memory_limit) d’au moins 512M. Ce qui se rate : payer un hébergement avant d’avoir vérifié ces trois lignes dans son offre.
Installer PrestaShop
Vous créez une base de données dans l’espace client de l’hébergeur, vous envoyez les fichiers de PrestaShop sur le serveur, puis l’assistant d’installation vous guide : langue, informations de la boutique, connexion à la base. Ce qui se rate : noter à la va-vite les identifiants de la base et du back office. Rangez-les dans un gestionnaire de mots de passe.
Faire les réglages de base
Coordonnées de la boutique, taxes, zones de livraison et transporteurs, moyens de paiement. PrestaShop Checkout et eShip, inclus dans Classic, couvrent le paiement et la livraison pour démarrer. Ce qui se rate : oublier une zone de livraison, et découvrir le trou à la première commande qui en vient.
Habiller la boutique
Partez du thème par défaut, Hummingbird : logo, couleurs, page d’accueil. N’achetez un thème que si un besoin précis n’est pas couvert. Ce qui se rate : passer des heures sur le décor avant d’avoir un seul produit en ligne.
Monter le catalogue
Catégories, fiches produit, déclinaisons (tailles, couleurs) et photos. C’est le gros du travail dès que la boutique dépasse quelques dizaines de références. Ce qui se rate : des fiches dont la description est copiée du fournisseur, identique à celle de tous les autres revendeurs.
Rédiger les pages et remplir les obligations légales
Mentions légales, conditions générales de vente, information sur le droit de rétractation de 14 jours. Depuis le 19 juin 2026, un contrat conclu en ligne doit aussi offrir une fonctionnalité gratuite qui permet au client de se rétracter directement sur le site, pendant tout le délai (article L221-21 du Code de la consommation). Ce qui se rate : reprendre les CGV d’une autre boutique sans les adapter.
Ajouter les modules qui manquent
Un module est une extension qui ajoute une fonction à la boutique : avis, fidélité, export vers une place de marché. N’en ajoutez qu’après les étapes 3 à 6, pour ce qui manque vraiment. Ce qui se rate : empiler les modules. Chacun est une mise à jour de plus à suivre, et certains sont vendus par abonnement.
Passer une commande d'essai, puis ouvrir
Avant d’ouvrir, passez une vraie commande de bout en bout : paiement, e-mail de confirmation, expédition, puis rétractation depuis le site. Ce qui se rate : ouvrir sans avoir vu un seul des e-mails que reçoivent vos clients.
Deux étapes demandent plus de soin que les autres. Le catalogue d’abord : les fiches produit et les catégories sont la première matière dont Google dispose pour classer la boutique, et il vaut la peine de soigner le référencement de vos fiches produit dès la saisie. Les obligations légales ensuite : la DGCCRF résume les règles de la vente en ligne entre professionnels et consommateurs, du délai de rétractation au remboursement, frais de livraison compris, sous 14 jours.
Pour la fonctionnalité de rétractation en ligne, demandez à PrestaShop ou à votre prestataire quel module ou quel réglage la met en place sur votre boutique, et vérifiez-la pendant la commande d’essai.
Le temps et les compétences que ça demande
PrestaShop estime lui-même entre 30 et 80 heures le temps de monter une boutique seul, selon la complexité du projet : formation, installation, design, modules et vérifications compris. L’éditeur cite aussi les compétences techniques nécessaires et la rigueur qu’il faut pour éviter les erreurs, de sécurité comme de performance.
À deux heures par soirée, 30 à 80 heures représentent 15 à 40 soirées : quelques semaines pour une boutique simple, davantage si le catalogue est grand ou si vous découvrez le web. Le minimum à maîtriser : ce qu’est un hébergement, une base de données, un nom de domaine, et comment se connecter au back office pour y faire des réglages.
Le travail ne s’arrête pas à l’ouverture. Avec Classic, les mises à jour de sécurité, les sauvegardes régulières et la surveillance des performances sont à votre charge, ou à confier à un prestataire. Avec Hosted, PrestaShop prend en charge l’hébergement et les mises à jour techniques.
Faire appel à un prestataire : ce qu’il faut lui demander
Un freelance ou une agence peut prendre en charge tout ou partie des étapes. Le choix se joue moins sur la démonstration que sur ce qui est écrit dans le devis. Les questions à poser :
- Quelle version de PrestaShop ? Pour un projet neuf, la 9.x, pas la 1.7 ni la 8.
- Qui héberge la boutique, et qui détient les accès : hébergement, back office, base de données ?
- À qui appartiennent le nom de domaine et le compte PrestaShop Marketplace ?
- Quels thèmes et modules payants sont prévus, et lesquels sont vendus par abonnement ?
- Qui fait les mises à jour et les sauvegardes après la livraison, et à quel rythme ?
- La reprise des produits existants (fichier, ancien site) est-elle comprise ?
- Les pages légales et la fonctionnalité de rétractation en ligne sont-elles prises en charge ?
Notre avis : le nom de domaine et les accès doivent être à votre nom, quel que soit le prestataire. C’est ce qui vous permet d’en changer sans repartir de zéro. Et comparez des devis qui répondent tous à ces questions : sinon, leurs montants ne se comparent pas.
Quand choisir autre chose que PrestaShop
PrestaShop n’est pas le bon outil pour tout le monde. Notre avis, selon votre situation :
- Vous avez déjà un site WordPress : WooCommerce, une extension gratuite et open source de WordPress, ajoute une boutique au site que vous connaissez déjà, sans second logiciel à apprendre.
- Peu de temps pour la technique, un petit catalogue, besoin d’ouvrir vite : une solution hébergée par abonnement, comme Shopify ou PrestaShop Hosted, vous évite le serveur et les mises à jour.
- Un catalogue large, beaucoup de déclinaisons, l’envie de garder la main sur le code et l’hébergement : PrestaShop Classic.
- Vous voulez seulement tester une idée avec une dizaine de produits : la solution hébergée la plus simple, quitte à changer d’outil quand les ventes suivent.
Le choix de l’outil compte moins que ce qui vient après : une boutique bien montée, sur n’importe laquelle de ces solutions, reste invisible tant que personne ne sait qu’elle existe.
Après la mise en ligne : faire venir les premiers clients
Le jour de son ouverture, une boutique n’a aucun visiteur : ni Google ni les acheteurs ne la connaissent encore. Pour faire venir des clients sur une boutique en ligne, voici par où commencer, dans l’ordre, à notre avis :
- Le référencement de vos fiches et de vos catégories, dès l’ouverture : c’est le levier le plus lent, et celui qui ne se paie pas au clic.
- les annonces Google Ads et Shopping, pour les premières ventes pendant que le référencement se construit : elles sont payantes au clic et donnent de la visibilité tant que vous les financez.
- Une newsletter pour faire revenir vos clients, dès les premières commandes : un acheteur satisfait est le plus facile à faire revenir.
Photo : Shixart1985, CC BY 2.0, Wikimedia Commons.
